dimanche 18 février 2018

un artiste basque


Exposition Zigor,  Artiste basque. Il se présente comme sculpteur basque. S’il décide d’être un artiste basque, il en va de sa liberté absolue. Il est reconnu dans tout le Pays Basque comme un artiste basque. J’aime beaucoup ses sculptures, ses vagues en bronze, ses arbres en pierre, ses formes en bois. J’aime ses photos, ses peintures, ses esquisses qui précèdent la mise en forme.

Dans des parcs en plein air, j’ai vu les immenses sculptures de Henry Moore et de Barbara Hepworth. Ils se présentent, on les présente, comme des artistes modernes, internationaux. Ils sont bien entendu couverts d’honneur, de médaille, de commandes, mais jamais on ne les qualifie d’« artistes anglais », et encore moins d’artistes britanniques. Mais Zigor se présente comme « artiste basque », un adjectif qu’il ne peut pas expliquer, il faut se « sentir » basque, dit-il, laisser l’identité basque vous envahir le corps, tous les sens, quand il se promène dans la montagne ou va pécher dans les ruisseaux des Pyrénées.

Le jour du vernissage de cette remarquable exposition, les élus, les conseillers, l’entouraient de leurs sourires, de leur bienveillance. Je voyais Zigor de dos, sur fond de sourires. De ces sourires, j’étais en dehors. Ces sourires enfermaient l’artiste dans un minuscule bout de territoire. Alors que Zigor fait partie des grands artistes du monde, avec Henry Moore et Barbara Hepworth, un artiste international, moderne, et jamais je ne l’aurais présenté comme artiste basque, pas plus que Picasso comme artiste français ou Dali comme peintre catalan.

Quand Brigitte m’a présenté à Claude Olive, maire d’Anglet, il m’a serré la main, en souriant. Je lui ai dit mon nom et j’ai ajouté, je milite activement contre les dérives identitaires au Pays Basque. Il a continué de sourire.

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