mardi 20 février 2018

ils se croient à l'abri


Ils se croient à l’abri.



Pourquoi les élus des partis républicains suivent-ils moutonnièrement les indications routières des nationalistes basques ? On comprend tout à fait la stratégie des abertzale. Réclamer un statut officiel pour la langue basque, conserver le territoire pour les résidents, demander le blanchiment de la terreur en transformant les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée en victimes du conflit. Ils demandaient un département, on leur a donné une agglo. Pas à pas, ils grignotent, ils avancent, ils plantent leur drapeau. Mais pourquoi les élus de la République jettent-ils leur écharpe aux orties ? Hier députées socialistes, aujourd’hui Vincent Bru, Max Brisson, Jean-René Etchegarray, qui ne sont pas des nationalistes, pourquoi reprennent-ils en chœur les revendications identitaires, sur la langue, le territoire, les prisonniers ?

Une première explication est simplement électorale. Tous ceux qui ont été battus à peu de voix près sont convaincus qu’en agitant l’ikurina, ils pourront rattraper leur retard. Sylviane Alaux et Colette Capdevielle ont désormais tout leur temps pour réfléchir  à cette tactique. Une deuxième explication est plus noble. Ils sont réellement des défenseurs de l’identité basque, de la langue, de ses martyrs. J’ai plus de doute sur cette deuxième hypothèse. Je ne les vois pas se presser dans les cours de basque et si parfois ils s’inscrivent à une formation payée par les fonds publics, c’est plus pour le faire savoir que pour apprendre la langue.

Plus convaincante l’idée que la meilleure manière de combattre le nationalisme est de reprendre ses revendications et ses idées. Les Républicains ont tenté cette stratégie avec le FN. Ils lui ont ainsi donné la première place à droite. Si tous ces élus obtiennent le même résultat au Pays Basque, ils seront aussi sûrement éliminés que leurs collègues de Corse.

Cela, ils le savent mieux que moi, je ne leur apprends rien. Et pourtant, ils continuent de batifoler dans les plaines identitaires. Il reste alors une hypothèse. Ils se croient protégés par le pouvoir jacobin. Ils applaudissent Macron à Bastia et le sifflent à Bayonne. Macron les protège d’une dérive identitaire et populiste. Ils sont républicains à Paris, voyez mes ailes, et patriotes au Pays Basque, voyez mes poils.

En Hongrie, en Pologne, en Autriche, en Israël, la victoire des populismes est faite de ces misérables faiblesses, ces douloureuses couardises, ces inquiétantes soumissions. En d’autres temps, on disait un lâche soulagement.

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