samedi 9 décembre 2017

paris ne soutient pas


Comme si vous y étiez



Le comité de Biarritz de la République en marche s’est réuni jeudi 7 décembre au SIN, le café de la cité de l’Océan. Nous étions une dizaine. Il paraît que les comités sont désertés. Et que le comité de Biarritz est l’un des plus actifs.

Le sujet était l’Europe.

J’arrive, je me présente à l’animateur de la réunion. Je dis mon nom. Il me dit bonjour et ensuite : je te préviens que tu ne vas pas kidnapper la réunion, et je te préviens aussi que le temps de parole est limité et que je serai intransigeant. Le sujet, c’est l’Europe.

Puisque le sujet c’est l’Europe, on nous présente l’Europe, les différents points de vue, Moi, j’ai tenu parole. Je n’ai parlé que de l’Europe. J’ai dit que politiquement, le marqueur central de la République en marche c’est le soutien à l’Europe, le soutien à une construction d’une Europe solidaire et apte à jouer un rôle économique et politique central. J’ai dit ensuite que l’appel à la manifestation du 9 décembre de soutien aux prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée est signé par une coalition de toutes les forces politiques qui combattent la construction européenne : insoumis, nationalistes corses et bretons, Mélenchon, Attac, Balibar, Toni Negri, etc…Et tous ces gens se retrouvent pour condamner ce qui est la première aspiration pour les européens : la sécurité. Ils condamnent avec ardeur la coopération des polices de Paris et de Madrid qui a permis de stopper pour de bon l’activité terroriste de l’ETA puisque désormais, la grande majorité des combattants sont en prison. Je ne comprends donc pas que la manifestation du 9 soit soutenue par la République en marche 64. Parce que nationalement, ils ne soutiennent pas. Ils ne sont pas schizos.  

Je ne suis pas capable de vous retranscrire la réponse à mon intervention. J’ai entendu des réponses, mais je ne les ai pas comprises et je ne peux donc pas vous les transmettre. J’ai demandé un communiqué de la République en marche (qui a soutenu la manif du 9 dec) disant qu’elle allait organiser une délégation pour rencontrer les victimes de l’ETA, mais on ne m’a pas répondu. Ni oui, ni non. Silence.

J’ai demandé aux assistants (une dizaine) s’ils pensaient que le sujet abordé valait une discussion. Ils m’ont dit que non, que le sujet était trop sensible. Qu’on allait réveiller de vieilles blessures. Que c’était un sujet dangereux. Et que les gens avaient peur d’en parler. C’est aussi simple que ça : ils avaient peur. Trop sensible.

Appeler à manifester pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée ne fait peur à personne. Mais dire qu’on ne partage pas ce soutien (et beaucoup des présents étaient d’accord avec moi), ça fait peur à tout le monde. Vous entendez, le mot peur ? Pourtant, on n’est pas journaliste en Turquie ou en Russie, on ne risque rien. C’est quoi cette peur ? Expliquez-moi, dites-moi. Peur de quoi ?

1 commentaire:

  1. « Le nationalisme, c'est la guerre ». Quod erat demonstrandum.

    Ce qui est inquiétant, c'est que vous n'ayez aucune réponse à la moindre de vos questions.

    Un processus de réconciliation est en cours, très bien, il doit aussi intégrer les victimes et leurs familles (nombreuses). Je suis étonné de la position (locale) de la « République en marche », au regard des objectifs politiques d'ETA (avènement du communisme au Pays basque), un tant soi peu éloigné des objectifs du mouvement. Peut-être avez-vous choisi le mauvais cheval au regard de votre parcours.

    Mais vous n'êtes pas euskaldun, ni même xarnegu, ce qui explique peut-être le mépris à votre égard, qui se traduit par un trou noir à l'annonce de vos idées, que vous avez bien traduit dans un autre billet. Cette négation même des avis différents, n'existant carrément pas dans l'esprit de vos interlocuteurs, est carrément effrayante et synonyme d'un état d'esprit totalitaire.

    Comment voir ça autrement que comme une forme de discrimination voire de racisme à l'encontre de ceux qui « ne possèdent pas la langue basque » ?

    Au plaisir de vous lire.

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