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mardi 12 décembre 2017

éléctions piège à cons


Matt Lauer, Charlie Rose, Mark Halperin, étaient pour moi des inconnus. Je les ai découverts dans un article du NYTimes du 12 décembre «  The Men who cost Clinton the election » par Jill Filipovic. Ces trois hommes sont, (étaient) des journalistes vedettes qui ont interviewé Hillary Clinton pendant les présidentielles des États-Unis. Ils étaient très agressifs pour la candidate démocrate alors qu’ils débordaient d’amabilité avec Donald Trump. Tous les trois ont été depuis licenciés pour avoir harcelé leurs collègues femmes.

La thèse de Jill Filipovic est la suivante : Donald Trump était accusé de comportement indécent à l’égard des femmes. Ses déclarations sur les femmes qu’on attrape par la chatte font désormais partie de l’histoire. Ces trois journalistes influents, a-t-on appris depuis, partageaient les comportements du candidat républicain. La hargne qu’ils manifestaient à l’égard d’Hillary serait donc une sympathie active à l’égard des harceleurs.

Dans une élection qui s’est jouée dans un mouchoir de poche, leur attitude a sans doute pesé sur le résultat.

Impossible à prouver, bien sûr. Mais si le candidat Barak Obama avait été interviewé par des suprématistes blancs, les résultats auraient peut-être basculé.

@balancetonportdarme


@balancetonportd’armes


Pendant des années, de longues années, des hommes en armes, cagoulés, déterminés, labouraient les villes et les campagnes basques et versaient dans les sillons un sang impur. Leurs cibles étaient les policiers, les élus, les universitaires, les chanteurs, les entrepreneurs qui refusaient de payer l’impôt révolutionnaire.

Condamnés par l’opinion publique, décimés par les polices française et espagnole, emprisonnés, exilés, les porteurs d’armes finirent par se résoudre à abandonner le combat sans n’avoir rien obtenu que le titre d’ancien combattant de la cause basque.

Ils dirent d’accord pour déposer les armes, mais à condition… À condition rugirent les familles de leurs victimes, quelles conditions ? Vous vous rendez, vous subissez la punition méritée, vous demandez pardon et vous jurez jamais plus. Du côté basque espagnol, il y avait eu huit cent trente morts et les nerfs étaient à vif.

Du côté basque français où la terreur avait été moindre, ils trouvèrent des volontaires en nombre important pour monter un spectacle qui s’appelait abertzale…abertzale…Sur fond de montagne, des acteurs cagoulés remettaient des caisses d’armes aux premiers rangs des spectateurs (car le spectacle était interactif). Ils enlevaient ensuite leur cagoule, venaient saluer avec une grande banderole «tant qu’il restera un seul emprisonné, le Pays Basque ne sera pas en paix ». Les touristes bissaient, les élus sortants ou aspirants saluaient les acteurs qui se désarmaient en direct, devant les caméras.

Les victimes ou leur famille considéraient ces raouts comme des cérémonies de l’oubli. Elles manifestaient leur dégoût, mais les Pyrénées étaient imperméables à leurs clameurs. Il se murmurait même qu’il y avait des victimes des deux côtés, que les victimes s’habillaient trop court ou pensaient trop long.

Ceux qui persistaient à ne pas oublier subissaient des accès de haine. On les  traitait de collabos, on leur disait qu’ils allaient provoquer de nouvelles violences. Que ce n’était pas bon pour leur carrière. Tout le monde finit par se taire.



Ce silence dura des années. Jusqu’au jour où quelqu’un gazouilla «  @balancetonportd’armes ».  

lundi 11 décembre 2017

apologie et incitation à la terreur


Imaginez que vous tombiez sur les déclarations publiques suivantes :



« Si la loi sur le port du voile, n’est pas abolie, « nous risquons de voir un sursaut de violence au sein des islamistes radicaux ». Si la loi n’est pas abolie, « la violence politique resurgira » « il faut abolir la loi très rapidement, car les musulmans ne pourront pas attendre très longtemps. L’enseignement que risque d’en tirer une partie des jeunes générations islamistes sera que le choix de leurs aînés de négociations démocratiques aura été une erreur ».

Ces déclarations tomberaient clairement sous le coup de la loi contre l’apologie du terrorisme et la provocation au terrorisme qui est ainsi définie  par les textes officiels tels qu’ils apparaissent sur le site du ministère de l’intérieur :

L’apologie du terrorisme consiste à présenter ou à commenter favorablement des actes de terrorisme qui ont été commis. L’apologie doit avoir été réalisée publiquement pour être punie.

La provocation au terrorisme est un encouragement à commettre des actes de terrorisme matériellement déterminés. Il s’agit donc d’une incitation pour le futur, ce qui distingue la provocation de l’apologie.  



Je vous demande de prendre connaissance des déclarations publiques récentes :

Jean-René Etchegarray : s’il n’y a pas « d’actes forts » en faveur des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée, « nous risquons de voir un sursaut de violence au sein des indépendantistes qui estiment qu’ETA n’aurait pas dû désarmer unilatéralement » (libé, 9 déc).  Vincent Bru : il faut des actes très rapidement, « car la société ne pourra pas attendre très longtemps ». Xabi Larralde : (EHBai) Si nous n’arrivons pas à débloquer la question des presos, l’enseignement que risque d’en tirer une partie des jeunes générations abertzale dans le futur, sera que le pari de leurs aînés d’un processus de paix unilatéral, dynamique, basé sur la mobilisation populaire, aura été une erreur.



Est-ce que oui ou non il y a dans ces déclarations une apologie du terrorisme et une provocation au terrorisme ?

samedi 9 décembre 2017

paris ne soutient pas


Comme si vous y étiez



Le comité de Biarritz de la République en marche s’est réuni jeudi 7 décembre au SIN, le café de la cité de l’Océan. Nous étions une dizaine. Il paraît que les comités sont désertés. Et que le comité de Biarritz est l’un des plus actifs.

Le sujet était l’Europe.

J’arrive, je me présente à l’animateur de la réunion. Je dis mon nom. Il me dit bonjour et ensuite : je te préviens que tu ne vas pas kidnapper la réunion, et je te préviens aussi que le temps de parole est limité et que je serai intransigeant. Le sujet, c’est l’Europe.

Puisque le sujet c’est l’Europe, on nous présente l’Europe, les différents points de vue, Moi, j’ai tenu parole. Je n’ai parlé que de l’Europe. J’ai dit que politiquement, le marqueur central de la République en marche c’est le soutien à l’Europe, le soutien à une construction d’une Europe solidaire et apte à jouer un rôle économique et politique central. J’ai dit ensuite que l’appel à la manifestation du 9 décembre de soutien aux prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée est signé par une coalition de toutes les forces politiques qui combattent la construction européenne : insoumis, nationalistes corses et bretons, Mélenchon, Attac, Balibar, Toni Negri, etc…Et tous ces gens se retrouvent pour condamner ce qui est la première aspiration pour les européens : la sécurité. Ils condamnent avec ardeur la coopération des polices de Paris et de Madrid qui a permis de stopper pour de bon l’activité terroriste de l’ETA puisque désormais, la grande majorité des combattants sont en prison. Je ne comprends donc pas que la manifestation du 9 soit soutenue par la République en marche 64. Parce que nationalement, ils ne soutiennent pas. Ils ne sont pas schizos.  

Je ne suis pas capable de vous retranscrire la réponse à mon intervention. J’ai entendu des réponses, mais je ne les ai pas comprises et je ne peux donc pas vous les transmettre. J’ai demandé un communiqué de la République en marche (qui a soutenu la manif du 9 dec) disant qu’elle allait organiser une délégation pour rencontrer les victimes de l’ETA, mais on ne m’a pas répondu. Ni oui, ni non. Silence.

J’ai demandé aux assistants (une dizaine) s’ils pensaient que le sujet abordé valait une discussion. Ils m’ont dit que non, que le sujet était trop sensible. Qu’on allait réveiller de vieilles blessures. Que c’était un sujet dangereux. Et que les gens avaient peur d’en parler. C’est aussi simple que ça : ils avaient peur. Trop sensible.

Appeler à manifester pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée ne fait peur à personne. Mais dire qu’on ne partage pas ce soutien (et beaucoup des présents étaient d’accord avec moi), ça fait peur à tout le monde. Vous entendez, le mot peur ? Pourtant, on n’est pas journaliste en Turquie ou en Russie, on ne risque rien. C’est quoi cette peur ? Expliquez-moi, dites-moi. Peur de quoi ?

vendredi 8 décembre 2017

vive zémus


Avant de manifester aujourd’hui 9 décembre pour les prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée, le député Vincent Bru et Max Brisson sont allés rendre visite à quelques-uns d’entre eux dans leur prison et ils sont sortis de cette entrevue bouleversés.

Pour ma recherche universitaire, je suis allé en prison voir des prisonniers irlandais, j’ai longuement parlé avec des etarras. Ce qui m’a le plus bouleversé sont les conversations avec les familles des victimes.

jeudi 7 décembre 2017

dictionnaire des faiseurs d'anges


Ce texte va être compliqué car très technique. Chaque usager de windows connaît les corrections automatiques. C’est pratique. Par exemple, si vous écrivez souvent protestants et catholiques, et Irlande du Nord, vous tapez c a t h et c’est catholique qui s’inscrit sur l’écran. i d n  et c’est Irlande du Nord qui arrive. Pour Biarritz, vous tapez b t z. Chacun se fabrique ainsi son dictionnaire.  

Dans mon dictionnaire, j’ai ainsi inscrit « prisonnier basque » au pluriel et apparaît alors « prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée ».  Je n’ai pas chaque fois besoin de répéter « condamnés pour activités terroristes en bande armée ».

L’inconvénient est qu’il existe dans les prisons des prisonniers d’identité basque condamnés pour violence ou pour trafic de drogues ou pour maltraitance familiale, si j’écris cette formule « prisonnier basque » au pluriel s’inscrit prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée.  », Ils deviennent tous des terroristes.

Inversement, le dictionnaire des artisans de la paix et des abertzale transforme automatiquement « prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée » en prisonnier politique ».

C’est idiot. Il est plus rapide d’écrire directement « prisonniers politiques ».

mercredi 6 décembre 2017

libère les prisonniers, sinon...


 Xabi Larralde, EH Bai (mediabask  30 novembre): fixe l’objectif de la prochaine manifestation du 9 décembre : débloquer la situation. « Si nous n’arrivons pas à débloquer la question des presos (les presos sont des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée), l’enseignement que risque d’en tirer une partie des jeunes générations abertzale dans le futur sera que le pari de leurs aînés d’un processus de paix unilatéral, dynamique, base sur la mobilisation populaire aura été une erreur.



Traduction en français : si les presos ne sont pas libérés, boum boum boum.

priorités


Quand le maire vend un terrain dans des conditions douteuses, les conseillers municipaux de Biarritz sont en émoi.

Quand il va apporter son soutien à des prisonniers basques condamnés pour activités terroristes en bande armée, sans consulter son conseil, personne ne bouge.

mardi 5 décembre 2017

prison et cimetière


« Zigor Goieaskoetxea éternue. Ursoa Parot tousse ». Ils ont attrapé froid en allant rendre visite à des presos (mediabask 30 novembre). Ils sont emprisonnés trop loin. C’est une double peine. Alors que les familles des 829 victimes de l’ETA ont toutes, sans exception, pu enterrer les leurs dans des cimetières proches de leur domicile.

lundi 4 décembre 2017

corse et pays basque


 Les nationalistes en Corse ont gagné les élections, la République en marche est quatrième. Pour la nouvelle communauté,  la feuille de route est tracée : co-officialisation de la langue corse, amnistie pour les prisonniers, plus grande autonomie comme étape vers l’indépendance..

Au Pays Basque français, la République en marche est en tête et les nationalistes sont en quatrième place. La différence est donc grande. Pour la communauté d’agglo, la feuille de route est tracée : co-officialisation de la langue basque, amnistie pour les prisonniers, plus grande autonomie, rapprochement du Pays Basque espagnol et français.



Pile je gagne, face tu perds.